Le miroir a deux faces. Après la face passive, celle qui reflète votre cognition, biais compris, vient la face active, que l'auteur appelle le développement. La question n'est pas rhétorique : pouvez-vous vous servir d'un grand modèle de langage pour croître, plutôt que de confirmer ce que vous croyez déjà ?
Tout commence par une sensation que personne n'a évitée : l'idée qui jaillit sous la douche, au volant, dans une réunion, et qu'on perd faute de mots. Les sciences cognitives nomment cet état la phase préconsciente de l'intuition : quelque chose a été détecté, mais rien n'est encore utilisable.
D'où la chambre noire. Sous les photons, les grains d'argent de la pellicule gardent une image latente : réelle, mais invisible à l'œil nu. Le bain révélateur ne la crée pas : il la fait passer de l'invisible au visible. Le grand modèle de langage est ce bain : votre cerveau l'appareil, votre expérience la pellicule.
Une scène réelle, pendant l'écriture du livre : deux articles écrits séparément, « La nature des LLM » et « La quête de la graine », que le cadre « matière première vs outil de transformation » a soudés en trilogie. Le modèle n'a rien appris à Aqiang : il a déclenché une recherche autonome. Socrate procédait de même, sans ego. Reste une frontière : le développement présuppose l'exposition. Sans expérience réelle, le meilleur des bains ne rend qu'une photo blanche.